Afshin Ghaffarian

Chorégraphe

Metteur-en-scène

Acteur

Danseur

Bref, réformancer !

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Afshin Ghaffarian

Chorégraphe

Metteur-en-scène

Acteur

Danseur

Bref, réformancer !

Le cri perçant

  • Chorégraphie et conception: Afshin Ghaffarian
  • Création: 2010
  • Dramaturgie: Leyli Daryoush
  • Scènographie: Heiko Monich
  • Lumière : Vincent Tudoce
  • Durée: 55 mins
  • Co-production: CN D (centre national de la danse)

“Je veux créer une danse autour des quatre éléments : la Terre, l’Eau, le Feu et l’Air. Tu sais, au fond du plateau, il y a une porte. C’est étrange une porte aussi centrée sur un plateau, je pourrais faire mon entrée par là, qu’en penses-tu?” Me demande Afshin Ghaffarian. J’ai songé à une porte gigantesque perdue sur un minuscule plateau et je lui ai répondu que c’était dommage d’entrer sur le plateau de cette façon, parce que finalement, une histoire, la sienne en tout cas, se réduisait à une sortie, et que le plus difficile avec une porte pareille, ce n’était pas d’y entrer mais d’en sortir, et qu’il fallait plutôt trouver un chemin qui l’aide à en franchir le seuil. Il était d’accord et avec le scénographe Heiko Moennich, nous avons retracé l’histoire d’un homme qui se dirige vers une porte.

Qui donc n’a souhaité un jour dépasser les limites imposées par sa communauté et bâtir un destin meilleur en un autre lieu ? qui donc n’a rêvé un jour de quitter le réel et se trouver à l’orée d’un monde imaginaire exalté? Et puis cette trajectoire allégorique semée d’obstacles et d’embuches, ne serait-ce pas la Destinée, celle qui nous mène de porte en porte jusqu’à celle ultime de la mort ?

Le danseur et chorégraphe Afshin Ghaffarian nous invite au voyage à travers le temps et l’espace, dans un monde conflictuel où sa lutte avec les entités symboliques que sont la Terre, l’Eau, le Feu et l’Air récitent l’origine de l’être et sa perte, le souffle vital et son anéantissement, la formation du langage et sa dissolution. Sous la forme d’un récit initiatique, le monde dansé d’Afshin révèle la naissance originelle de l’homme dans la nuit des temps. Son corps, celui d’un faune élastique, et sa voix déjà fissurée se métamorphosent selon le cycle de la vie – inerte amorphe gémissant, vacillant debout marchant, souffrant se crispant courant, chantant parlant criant – pour danser enfin, lutter, chavirer, et ramper jusqu’à la porte.

Que d’histoires pour une porte me direz-vous. Mais figurez-vous que ce n’est pas terminé, qu’il m’en reste une dernière à vous révéler, parce que ces mouvements organiques si fragmentés, ces spasmes paroxystiques et ces effondrements, bref, ces bouts de corps disséminés racontent aussi la naissance d’un langage artistique ; et que le déchaînement des éléments symboliques annonce l’exil à venir, celui pour un monde libre où Afshin pourra enfin danser. Danser pour crier sa liberté certes mais danser pour raconter des histoires surtout, celle mythique d’une porte par exemple – et d’un seuil qu’il a dépassé, et que d’autres, espérons-le, dépasseront après lui.


 

[…] Il ouvre une porte clandestine, grimpe vers le toit entre les grilles, vers la liberté. Le public, jeune en majorité, applaudit de façon prolongée et avec enthousiasme. Rarement un chorégraphe a été si juste. Il y a encore beaucoup à attendre de ce jeune chorégraphe et danseur.
Dagmar Klein
Critique traduit d’Allemand
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